{{semi-protection longue}}
{{Autre4|les aspects culturels et historiques liés aux singes|les informations zoologiques|Simiiformes}}
{{Voir homonymes|singe (homonymie)}}
[[Fichier:Affe vor Skelett.jpg|vignette|« Singe devant un squelette », [[Peinture à l'huile|huile sur toile]] du peintre autrichien [[Gabriel von Max]] (1840-1915)]]
Les '''singes''' sont des [[mammifères]] de l'ordre des [[primates]], généralement [[arboricole]]s, à la face souvent glabre et caractérisés par un [[encéphale]] développé et de longs membres terminés par des [[doigt]]s. Bien que leur ressemblance avec l'[[Homo sapiens|Homme]] ait toujours frappé les esprits, la science a mis de nombreux siècles à prouver le lien étroit qui existe entre ceux-ci et l'espèce humaine.

Au sein des [[primates]], les singes forment un [[infra-ordre]] [[monophylétique]], si l'on y inclut le genre ''[[Homo]]'', nommé [[Simiiformes]] et qui se divise entre les [[singe du Nouveau Monde|singes du « Nouveau Monde »]] (Amérique centrale et méridionale) et ceux de l'[[Singe de l'ancien monde|« Ancien Monde »]] (Afrique et Asie tropicales). Ces derniers comprennent les [[Hominoidea|hominoïdes]], également appelés « grands singes », dont fait partie ''[[Homo sapiens]]'' et ses ancêtres les plus proches.

{{Référence souhaitée |Même s'il ne fait plus de doute aujourd'hui que {{Citation|l'Homme est un singe comme les autres}}}}, l'expression est majoritairement utilisée pour parler des animaux sauvages, et évoque un référentiel culturel, littéraire et artistique qui exclut l'espèce humaine.

== Dénominations ==
=== Étymologie ===
Le terme viendrait du [[latin]] [[Empire romain|impérial]] ''{{lang|la|simius}}'', plutôt que du [[latin classique]] ''simia''<ref>{{CNRTL|Singe}}</ref>.

Les [[adjectif]]s se rapportant au singe sont ''simien'' et ''simiesque''.

=== Noms vernaculaires ===
{{article détaillé|Liste alphabétique des noms vernaculaires de primates}}
Les « [[Platyrrhini|singes du Nouveau Monde]] » et les « [[Catarrhini|singes de l'Ancien Monde]] » sont regroupés par la [[classification phylogénétique]] dans l'infra-ordre des [[Simiiformes]].

Le terme de « [[hominidé|grand singe]] » désigne toutes les espèces faisant partie des [[hominidé]]s, c'est-à-dire les espèces actuelles de [[gorille]]s, [[chimpanzé]]s [[Pan troglodytes|communs]] ou [[bonobo]]s, [[orang-outan|orangs-outans]] et [[Homo sapiens|hommes]], ainsi que les espèces apparentées ou intermédiaires aujourd'hui éteintes.

En français, les différentes sortes de singes sont désignées par des noms plus ou moins précis comme [[babouin]], [[chimpanzé]], [[gibbon]], [[gorille]], [[macaque]], [[orang-outan]], [[ouistiti]], etc.

Contrairement aux oiseaux<ref group="Note">Le [[CINFO]] pour les oiseaux.</ref>, il n'existe pas, en français, d'organisme reconnu qui propose des noms uniques pour les espèces de singe. De ce fait, de nombreux singes, particulièrement en Amérique du Sud, possèdent plusieurs [[Nom vulgaire|noms communs]], au sens « nom de vulgarisation scientifique » en français. Les noms peuvent être calqués sur les [[nom scientifique|noms scientifiques]] comme les [[Lagotriche]] ou sur les [[Nom vernaculaire|noms vernaculaires]] locaux comme [[Sapajou]]<ref>{{CNRTL|Sapajou}}</ref>.

En outre, du fait de la ressemblance morphologique entre espèces, beaucoup de noms vernaculaires désignent de fait plusieurs espèces, la progression des connaissances ayant permis ultérieurement de faire la différence entre elles. De plus, l'usage des noms vernaculaires a varié au cours du temps. Ainsi le terme {{page h'|chimpanzé}}, quand il a été adopté en français, désignait indistinctement deux espèces, qui, après qu'elles furent différenciées, ont été nommées dans un premier temps « chimpanzé commun » et « chimpanzé nain », puis « [[chimpanzé commun]] » et « [[bonobo]] ».

== Historique, découverte et classification ==
=== Descriptions antiques ===
La première description « scientifique » des singes qui nous soit parvenue date du {{-s-|IV|e}} et revient au [[Philosophie grecque et romaine|philosophe grec]] [[Aristote]]. Dans son ''[[Histoire des animaux (Aristote)|Histoire des animaux]]'', il décrit le « singe » (ou « {{page h'|pithèque}} », probablement le [[magot]]), le « cèbe » (le [[cercopithèque]]) et le « [[Cynocéphale (singe)|cynocéphale]] » (le [[babouin]]), qui {{Citation|ont une nature intermédiaire entre celle de l'homme et celle des quadrupèdes}}. Il ajoute que le cèbe {{Citation|est un singe qui a une queue}} et que les cynocéphales leur ressemblent par leur forme, {{Citation|sauf qu'ils sont plus grands, plus forts et que leur face ressemble plutôt à un museau de chien}}<ref name="dumont">{{Ouvrage|nom1=Dumont|prénom1=Jacques|titre=Les animaux dans l'Antiquité grecque|éditeur=L'Harmattan|année=2001|isbn=2747503127|page=244}}.</ref>{{,}}<ref name="perfetti">{{Ouvrage|lang=en|prénom1=Stefano|nom1=Perfetti|titre=Aristotle's Zoology and Its Renaissance Commentators, 1521-1601|éditeur=Leuven University Press|année=2000|page=172|isbn=9058670503}}.</ref>.

Pour le [[naturaliste]] [[Rome antique|romain]] du {{s-|I|er}} [[Pline l'Ancien]], les singes sont les animaux qui, {{Citation|par leur conformation, ressemblent le plus à l'homme}}. Dans L’''[[Histoire naturelle]]'', il cite aussi les [[Callitriche (singe)|callitriches]] qui ne vivent que {{Citation|sous le ciel d’[[Éthiopie]]}}, les [[Cynocéphale (singe)|cynocéphales]] et les [[satyre]]s<ref name="pline">{{PliHN}},VII, 2, 17 et VIII, 81, 55.</ref>. Ces derniers sont assimilés à des singes qui vivent {{Citation|dans les montagnes indiennes situées au levant équinoxial}}, dans un pays {{Citation|dit des Catharcludes}}. Ils {{Citation|courent tant à quatre pattes que sur leurs deux pieds}} et {{Citation|ont la face humaine}}<ref name="pline"/>.

Un siècle plus tard, le médecin grec [[Claude Galien|Galien]] contourne l'interdiction par le [[droit romain]] de disséquer des cadavres humains en pratiquant la [[vivisection]] de différents animaux, dont des [[Magot|singes magots]]. Il constate en effet que {{Citation|de tous les animaux le singe ressemble le plus à l'homme pour les viscères, les muselés, les artères, les nerfs et la forme des os}}<ref name="bloch">{{Article|titre=Galien anthropologiste|nom1=Bloch|prénom1=Adolphe|lien auteur1=Adolphe Bloch|périodique=Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris|année=1900|volume=1|numéro=1|pages=347-359|url=http://www.persee.fr/articleAsPDF/bmsap_0301-8644_1900_num_1_1_5930/article_bmsap_0301-8644_1900_num_1_1_5930.pdf|brisé le=}}</ref>.

=== Bestiaires médiévaux ===
[[Fichier:Cluny-Dame à la licorne-Detail 03.JPG|vignette|gauche|Détail de la tapisserie ''[[La Dame à la licorne]]'', fin du {{s|XV}}.]]
{{section à sourcer|date=juillet 2015}}
Au [[Moyen Âge]], les singes acquièrent un statut d'animal de compagnie fort prisé des puissants. [[Macaque]]s et [[cercopithèque]]s sont importés très tôt en Europe où ils égaient les cours des princes et des évêques, parfois vêtus de riches habits. Le motif du singe est souvent repris dans les [[enluminure]]s, les [[fresque]]s et les [[sculpture]]s, et symbolise la folie et la vanité de l'Homme. Leur représentation iconographique figure invariablement un collier et une chaîne, laquelle est parfois reliée à un billot de bois pour limiter les mouvements de l'animal dans la pièce<ref name="Walker-Meikle">{{Ouvrage|langue=en|auteur1=Kathleen Walker-Meikle|titre=Medieval Pets|éditeur=Boydell Press|année=2012|pages=13-14|url=https://books.google.fr/books?id=SkYiHb3JCxUC&dq}}.</ref>.

=== Récits de voyageurs ===
Les descriptions antiques et médiévales étaient plus imaginatives que précises et se basaient sur les observations de singes présents surtout sur les pourtours du [[bassin méditerranéen]] et rapportées par les voyageurs.

Dès le {{s|XIV}}, le marchand [[République de Venise|vénitien]] [[Marco Polo]] rapporte qu'il y a dans le royaume d'[[Atjeh]] (sur l'[[île de Java]]) des hommes {{Citation|qui ont une queue qui a bien une paume de long et n'est pas poilue}}<ref name="polo">{{Ouvrage|nom1=Polo|prénom1=Marco|lient auteur1=Marco Polo|titre=La Description du monde|année=2012|éditeur=Le Livre de Poche|pages=408|isbn=2253167746}}.</ref>.

=== Première nomenclature des singes ===
[[Fichier:Les Primates (Nomenclature des singes) - Primates (Taxonomy of Monkeys) - Gallica - ark 12148-btv1b2300261z-f2.png|vignette|Singes de l'Ancien Monde]]
[[Fichier:Les Primates II (Sapajous et Sagouins) - Primates and Apes 2 (Capuchin and Tamarin Monkey) - Gallica - ark 12148-btv1b2300262c-f2.png|vignette|Singes du Nouveau Monde]]
Au {{s|XVIII}}, le [[Georges-Louis Leclerc de Buffon|comte de Buffon]] publie une œuvre monumentale pour les sciences animales. Dans l'''[[Histoire naturelle (Buffon)|Histoire naturelle]]'', il établit une « nomenclature des singes » qui sépare les animaux de l'[[Ancien Monde|Ancien]] et du [[Nouveau Monde]].

Le premier groupe est divisé en trois « familles », toujours selon les critères aristotéliciens de la longueur de la queue<ref name="buffon1766">{{Ouvrage|auteur=Buffon|lien auteur=Georges-Louis Leclerc de Buffon|titre=Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roy|lien titre=Histoire naturelle (Buffon)|volume=14|éditeur=Imprimerie royale|lieu=Paris|année=1766|pages=511|url=https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97503x/f3.image}}</ref>. La première regroupe les « singes », c'est-à-dire les animaux {{Citation|sans queue, dont la face est aplatie, dont les dents, les mains, les doigts et les ongles ressemblent à ceux de l'homme et qui, comme lui, marchent debout sur leurs deux pieds}}, et inclut l'[[Orang-outan]], le {{page h'|Pithèque}} et le [[Gibbon]]. Les membres de la seconde famille sont appelés « [[babouin]]s »  et se caractérisent notamment par leur queue courte, leur face allongée et leur museau large et relevé. Buffon y inclut le [[Babouin]]  proprement dit (ou [[Papion]]), le [[Mandrill]] et l'[[Ouandérou]] et le [[Lowando]] (qu'il suspecte d'appartenir à la même espèce). La dernière famille est celle des « [[guenon]]s » qui ont la queue au moins aussi longue que le corps. Elles comptent neuf espèces : le [[Macaque]] (et l'[[Aigrette]]), le [[Patas]], le [[Malbrouck]] (et le [[Bonnet chinois|Bonnet-chinois]]), le [[Mangabey]], la [[Mone]], le [[Callitriche (singe)|Callitriche]], le [[Moustac]], le [[Talapoin]] et le [[Douc]].

Les [[Singes du Nouveau Monde]] se séparent quant à eux entre « [[sapajou]]s » et « [[sagouin]]s »
<ref name="buffon1767">{{Ouvrage|auteur=Buffon|lien auteur=Georges-Louis Leclerc de Buffon|titre=Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roy|lien titre=Histoire naturelle (Buffon)|volume=15|éditeur=Imprimerie royale|lieu=Paris|année=1767|pages=207|url=https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k975048/f230.image}}</ref>. Les premiers {{Citation|ont la [[Queue préhensile|queue prenante]]}} et regroupent l'[[Ouarine]] (et l'[[Alouate]]), le [[Coaïta]], le [[Sajou]], le [[Saï (singe)|Saï]] et le [[Saïmiri]]. Les seconds l'ont {{Citation|entièrement velue, lâche et droite}} et comprennent le [[Saki (singe)|Saki]], le [[Tamarin (singe)|Tamarin]], le [[Ouistiti]], le [[Marikina (singe)|Marikina]], le [[Pinche]] et le [[Ouistiti argenté|Mico]].

=== Systématique linnéenne ===
{{Article détaillé|Liste des primates décrits par Carl von Linné}}
Parallèlement aux travaux de Buffon, le naturaliste [[Suède|suédois]] [[Carl von Linné]] jette les bases de la [[nomenclature binominale]]. Dans la dixième édition de son ''[[Systema Naturae]]''<ref name="linné1758">
{{Ouvrage|lang=la|nom1=Linnæus|prénom1=Carolus|lien auteur1=Carl von Linné|année=1758|titre=Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis|volume=1|numéro d'édition=10|éditeur=Laurent Salvius|lieu=Stockholm|pages=824|url=http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/toc/?PPN=PPN362052875&IDDOC=265099}}</ref>, il introduit le [[Genre (biologie)|genre]] ''[[Simia]]'' qui regroupe tous les singes ainsi qu'une espèce de [[tarsier]]. Il en fait l'un des quatre taxons de l'ordre des [[Primates]], aux côtés des genres ''[[Homo]]'' (l'espèce humaine), ''[[Lemur]]''<ref group="Note">Terme qui aujourd'hui recouvre simplement un des genres de lémurien.</ref> (les [[Lemuriformes|lémuriens]] et les [[Dermoptera|Dermoptères]]) et ''[[Vespertilio]]''<ref group="Note">Terme qui aujourd'hui recouvre simplement un des genres de chauve-souris.</ref> (les [[chauves-souris]]).

Contrairement à Buffon, Linné ne fait pas de différences entre les espèces de l'[[Ancien Monde|Ancien]] et du [[Nouveau Monde]]. La division interne du genre ''Simia'' est en effet basée sur l'antique distinction entre les animaux sans queue (les « singes des Anciens », ''Simiae veterum''), ceux à queue courte (les « babouins », ''Papiones'') et ceux à longue queue (les « guenons », ''Cercopitheci'').

En 1777, le naturaliste allemand [[Johann Christian Erxleben]] reprend cette première classification mais y inclut les travaux de Buffon en séparant les [[singes du Nouveau Monde]]. Il réduit le genre ''[[Simia]]'' aux seuls singes sans queue et crée quatre nouveaux genres pour le reste : ''[[Papio]]'' pour les babouins, ''[[Cercopithecus]]'' pour les guenons, ''[[Cebus]]'' pour les sapajous et ''[[Callithrix]]'' pour les sagouins<ref name="Erxleben">{{Ouvrage|lang=la|nom1=Erxleben|prénom1=Johann Christian|titre=Systema regni animalis|sous-titre=classis I, ''Mammalia''|année=1777|pages=636|url=https://books.google.be/books?id=bnw-AAAAcAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s}}.</ref>. Il place en revanche l'unique espèce de [[tarsier]]s décrite par Buffon dans le genre ''[[Lemur]]'' (''[[Lemur tarsier]]''). On notera qu'afin de rester en accord avec les récits antiques, Erxleben construit les noms des deux genres américains à partir de racines greco-latines : ''Cebus'' évoque les « cèbes » d'Aristote alors que ''Callithrix'' fait écho au « [[Callitriche (singe)|callitriche]] » de Pline.

La liste des [[Genre (biologie)|genre]]s s'allonge durant les décennies qui suivent, grâce notamment aux travaux du [[Bernard-Germain de Lacépède|comte de Lacépède]] à Paris (''[[Macaca]]'', les [[macaque]]s, ''[[Alouatta]]'', les [[Hurleur (singe)|hurleurs]], ''[[Pongo]]'', l'[[orang-outan]])<ref name="lacépède">{{Ouvrage|nom1=de Lacépède|prénom1=Étienne|lien auteur=Bernard-Germain de Lacépède|titre=Tableau des divisions, sous-divisions, ordres et genres des Mammifères|année=1799|éditeur=Plassan|pages=18}}</ref> et de [[Johann Karl Wilhelm Illiger|Johann Illiger]] à Berlin (''[[Hylobates]]'', les [[gibbon]]s, ''[[Colobus]]'', les [[colobe]]s, ''[[Aotus (animal)|Aotus]]'', les [[douroucouli]]s)<ref name="illiger">{{Ouvrage|lang=la|nom1=Illigerus|prénom1=Carolus|lien auteur=Johann Karl Wilhelm Illiger|titre=Prodromus Systematis mammalium et avium|année=1811|lieu=Berlin|url=https://books.google.be/books?id=hJY-AAAAcAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s}}</ref>.

En [[1812]], [[Étienne Geoffroy Saint-Hilaire]] entérine la division entre [[Ancien Monde|Ancien]] et [[Nouveau Monde]] en proposant la séparation entre les [[Catarrhini]] ({{Citation|singes de l'Ancien continent}}) et les [[Platyrrhini]] ({{Citation|singes d'Amérique}}). Il crée également plusieurs nouveaux genres : ''[[Lagothrix]]'' (les [[Singe laineux|singes laineux]]), ''[[Cercocebus]]'' (les [[mangabey]]s), ''[[Nasalis]]'' (les {{page h'|Nasique (singe)|nasiques}}) et ''[[Pygathrix]]'' (les [[douc]]s)<ref name="geoffroy">{{Article|nom1=Geoffroy Saint-Hilaire|prénom1=Étienne|lien auteur=Étienne Geoffroy Saint-Hilaire|titre=Tableau des quadrumanes|année=1812|périodique=Annales du Muséum d'Histoire Naturelle|volume=19|passage=85-122|lieu=Paris|éditeur=G. Dufour et cie|url=https://books.google.be/books?id=fGQ_AAAAcAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s}}</ref>.

Parallèlement, le concept de [[Famille (biologie)|famille]] s'impose peu à peu en zoologie et c'est [[John Edward Gray]], du [[British Museum]] de Londres, qui propose le premier une division des [[mammifère]]s selon ce principe. Il sépare ainsi l'ordre des Primates en [[Hominidae]], Sariguidae, [[Lemuridae]] ([[prosimien]]s), [[Galeopithecidae]] ([[dermoptère]]s) et [[Vespertilionidae]] ([[chauve-souris|chauves-souris]])<ref name="gray1825">{{Article|lang=en|nom1=Gray|prénom1=John Edward|lien auteur=John Edward Gray|titre=An outline of an attempt at the disposition of the Mammalia into tribes and families with a list of the genera apparently appertaining to each tribe|périodique=Annals of Phylosophy|année=1825|volume=10|pages=337-344|url=https://books.google.be/books?id=1xsAAAAAMAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s}}</ref>. Les deux premières familles sont classées dans un groupe nommé « [[anthropomorphe]]s » et correspondent à la distinction [[Catarrhini]]/[[Platyrrhini]] de [[Étienne Geoffroy Saint-Hilaire|Geoffroy]]. Les « Hominidae » se composent de cinq « tribus » : [[Hominina]] ([[Homo sapiens|humains]]), Simiina ([[chimpanzé]]s, [[orang-outan|orangs-outans]] et [[gibbon]]s), [[Presbytina]] ([[semnopithèque]]s), [[Cercopithecinae]] ([[cercopithèque]]s, [[mangabey]]s, [[macaque]]s) et Cynocephalina ([[babouin]]s). Les « Sariguidae »  se divisent quant à eux en [[Mycetina]] ([[Hurleur (singe)|hurleurs]]), [[Atelina]] ([[singe-araignée|singes-araignées]]), Callithricina ([[sapajou]]s), Saguinina ([[sagouin]]s, [[douroucouli]]s et [[Saki (singe)|sakis]]) et Harpalina ([[ouistiti]]s).

C'est ainsi que dès les années 1830, la [[classification scientifique]] des singes atteint, dans ses grandes lignes, l'ordre qui prévaut encore au {{s|XXI}} et recense les principaux groupes d'espèces connus aujourd'hui<ref group="Note">À l'exception notable des [[gorille]]s, dont la première description n'est faite qu'en 1847.</ref>. La principale exception à ce constat est la place réservée à l'espèce humaine, qui y est systématiquement rangée dans un groupe bien à part, les savants de l'époque rechignant à faire tomber l'ancestrale barrière entre « l'Homme » et « les bêtes sauvages ».

=== Controverses sur la place de l'Homme ===
[[Fichier:Faustin Betbeder The London Sketch-Book 1874 Prof. Darwin.jpg|vignette|upright|Caricature de [[Faustin Betbeder]] représentant [[Charles Darwin]] et moquant sa [[Darwinisme|théorie de l'évolution]] (1874).]]
Le premier scientifique à avoir soutenu que les autres primates pouvaient être apparentés aux hommes est [[Giulio Cesare Vanini]]<ref>{{ouvrage|titre=Songes et songeurs (XIIIe-XVIIIe siècle)|auteur1=Nathalie Dauvois |auteur2=Jean-Philippe Grosperrin|date=2003|page=130|lire en ligne=https://books.google.com/books?id=aBzsDfHfVagC&pg=PA130&lpg=PA130&dq=vanini+singe&source=bl&ots=Odukumjkja&sig=FgWBp_GOaZhsIxsvFMCw6erCbig&hl=fr&ei=VEiASuj9NePajQf62dnwAQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2#v=onepage&q=vanini%20singe&f=false|collection=La collection de la République des lettres|éditeur=Les presses de l'Université de Laval}}</ref>, avant [[Charles Darwin]], dans les [[années 1600]]. L'affirmation du fait que l'homme est un singe est aujourd'hui banale, certains titres comme « L'homme est un singe comme les autres » soulignent cet état de fait<ref>{{ouvrage|auteur1=[[Emmanuelle Grundmann]] |auteur2=Cyril Ruoso |auteur3=Dominique Fontenat|préface=Tetsuro Matsuzawa|éditeur=Hachette Pratique|titre=L'homme est un singe comme les autres|date=14 mars 2008|isbn=978-2012375352|passage=191}}</ref>.

=== Classification moderne et phylogénie ===
{{Article détaillé|Simiiformes}}
Les singes forment un [[infra-ordre]] ([[Simiiformes]]) qui appartient, avec le [[groupe frère]] des [[Tarsiiformes]], au [[sous-ordre]] des [[Haplorrhini]]. Ces primates se distinguent en effet des [[Lorisiformes]] et des [[Lemuriformes]] (sous-ordre [[Strepsirrhini]]) par l'absence d'un [[rhinarium]].

== Mythologie et religion ==
{{Section à sourcer|date=juillet 2014}}
[[Fichier:Dog african mask-romanceor.jpg|thumb|upright|En Afrique sub-saharienne (ici au Burkina Faso), les artistes s'inspirent également du singe pour sculpter leurs masques]]
[[Fichier:Baboon LACMA AC1992.152.63.jpg|vignette|upright|Statue égyptienne de [[babouin]] de l'époque [[Dynastie des Lagides|ptolémaïque]].]]
Dans les mythologies et les [[cosmogonie]]s, le singe occupe une place toute particulière et nombre de ses aspects symboliques se retrouvent d'une culture à l'autre.

Dans la Roue de l'existence tibétaine, il symbolise la Conscience versatile, celle qui, liée au monde sensible, se disperse d'un objet à l'autre. Réputé être l'ancêtre des Tibétains, qui le considèrent comme un [[Bodhisattva]], il est, selon [[La Pérégrination vers l'Ouest|Si Yeou Ki]], le fils du Ciel et de la Terre. Il accompagne donc [[Xuanzang]] (Hiun-Tsang) dans son voyage à la recherche des Livres saints du Bouddhisme. Il y apparaît comme le compagnon facétieux, magicien taoïste de grande envergure. Le [[Sun Wukong|Roi-Singe]], dans l'art extrême oriental, évoque la sagesse, le détachement. C'est pourquoi les célèbres [[Singes de la sagesse|Singes du Jingoro]], au [[Sanctuaires et temples de Nikkō|temple de Nikko]], sont représentés l'un se bouchant les oreilles, le second se cachant les yeux, le troisième se fermant la bouche. Une interprétation occulte plus ancienne tend à voir dans les trois sages de Jingoro la représentation d'un Singe créateur de toutes choses ici bas, conscient de l'illusion et de l'impermanence de la réalité.

Cette croyance se retrouve dans le panthéon égyptien, où le singe est le scribe savant, celui qui possède la connaissance de la réalité. Il note la parole de [[Ptah]], le dieu créateur, comme celle d'[[Anubis]], qui pèse l'âme des morts. Il apparaît en [[Égypte]] comme le magicien suprême, artiste, ami des fleurs, des jardins, des fêtes, prestidigitateur puissant capable de lire les plus mystérieux hiéroglyphes. Il est donc l'animal [[psychopompe]] par excellence, reliant la Terre et le Ciel. Il y est représenté comme celui qui gouverne les heures, le maître du temps privilégié. Lors du voyage des morts de vie en vie, [[Jean-François Champollion|Champollion]] mentionne un singe vert accompagnant le Dieu Pooh, dans une portion de l'espace située entre la Terre et la Lune, lieu du séjour des âmes. Pooh y est représenté {{citation|accompagné du cynocéphale dont la posture indique le lever de la lune (Champollion, Panthéon égyptien)}}. Pour les Éyptiens, le singe est un grand initié qui doit être évité dans l'autre monde où il pêche les âmes dans le réseau de ses filets.

Chez les [[Fali (peuple)|Fali]] du Nord Cameroun, le singe noir est un avatar du forgeron voleur de feu, devenant ainsi, par extension, le magicien et maître de la technique. Indéniablement, le Singe est un initié.

Chez les indiens [[Bororo]], [[Claude Levi-Strauss]] rapporte qu'il est le héros civilisateur, l'inventeur de la technique, le malin magicien qui masque ses pouvoirs et son intelligence rusée. Il convient de ne pas rire de lui car le Singe aura le dessus.

Un singulier singe vert apparaît dans de nombreux contes traditionnels africains, du Sénégal jusqu'en Afrique du Sud, et revêt les caractéristiques symboliques du magicien rusé : celui qui vit en lisière des forêts et connaît les secrets de la création du monde.

Dans la mythologie hindoue, l'épopée de [[Ramayana]] fait du singe le sauveur de Dieu au moment du passage du « grand pont ». Rêver d'un singe est un appel en faveur d'un développement de la personne lié au mystère de la création à la puissance de la Nature.

== Arts et littérature ==
=== Arts plastiques ===
[[Fichier:Nazca monkey.jpg|vignette|upright|Les [[géoglyphes de Nazca]] au [[Pérou]] représentent plusieurs animaux, dont un singe de {{unité|55|m}} de diamètre.]]
=== Littérature ===
Deux singes sont particulièrement importants dans la [[littérature]] [[Asie|asiatique]] :
* [[Hanuman]], l'allié de [[Rāma]] dans le ''[[Ramayana]]'', épopée [[Inde|indienne]] qui a de nombreuses variantes en [[Asie du Sud-Est]] ;
* [[Sun Wukong]], qui accompagne le moine [[Chine|chinois]] [[Xuanzang]] dans ''[[Le Voyage en Occident]]'' (''Si Yeou Ki'') et a pu être influencé par le précédent.

== Aspects symboliques ==

Pour les Égyptiens de l'antiquité, c'était l'un des douze animaux sacrés associés aux douze heures du jour et de la nuit en plus de l'un des aspects de [[Thot]] avec l'Ibis.

=== Signe astrologique ===
Le [[Singe (astrologie chinoise)|singe]] est un des 12 animaux illustrant les cycles du [[zodiaque chinois]] lié au [[calendrier chinois]]. On associe chacun des animaux de ce zodiaque à certains traits de personnalité.

=== Singes de la sagesse ===
{{Article détaillé|Singes de la sagesse}}

=== Arts martiaux ===
L'[[Singe (art martial)|art martial du singe]] considère l'animal comme incarnant les qualités suivantes : adresse, agilité, ruse, souplesse. Ses techniques sont imprévisibles. Ses parades sont acrobatiques. Ses frappes sont très courtes et très rapides, dans les points vitaux. Les grimaces du singe y sont imitées. Aussi, il est utilisé pour stimuler le cœur, en travaillant sur l'amplitude et la vitesse.

== Relations avec l'Humain ==
=== Domestication ===
=== Aide aux personnes handicapées ===
{{Article détaillé|Aide simienne}}
Certains singes du genre ''[[Cebus]]'' ([[Sapajou]]s) sont dressés pour pouvoir aider au quotidien les personnes diminuées dans leur capacité motrice et ainsi accroître leur autonomie.

=== Animaux de laboratoire ===
{{...}}

== Notes et références ==
===Notes===
<references group="Note"/>
===Références===
<references/>

== Voir aussi ==
{{Autres projets
| commons=Category:Monkeys
| commons titre=Singe
| wiktionary=singe
| wiktionary thésaurus = singe/français
}}
=== Articles connexes ===
* [[Paradoxe du singe savant]]
* [[Kanzi]]

=== Liens externes ===
* {{Autorité}}
* {{NCBI|376913|''Haplorrhini'' }}
* [http://www.infovisual.info/02/076_fr.html Schéma détaillé de l'anatomie interne d'un singe]
* [http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/anthropologie/d/anatomie-comparee-de-lhomme-et-du-singe_694/c3/221/p1/ Anatomie comparée de l'homme et du singe]

{{Portail|primates}}

[[Catégorie:Singe|*]]